Fiche obligation · Contrôles

Vérification électrique annuelle

En 1 phrase

L'installation électrique est vérifiée chaque année. Le plancher triennal introduit en 5e catégorie pour 2026 ne dispense pas de l'annuel dès lors que l'établissement emploie du personnel.

Lecture ~5 min · Mis à jour le 18 août 2026

Qui est concerné

Tous les établissements recevant du public — soit la quasi-totalité des établissements HCR. La périodicité dépend de la catégorie, qui est elle-même fonction de l'effectif simultané maximal accueilli (public et personnel confondus).

CatégoriePériodicitéRéalisé par
1re à 4eAnnuelleOrganisme agréé (APAVE, Bureau Veritas, SOCOTEC, Dekra…)
5e — avec au moins un salariéAnnuelle (R.4226-16 C. trav.)Organisme accrédité (référentiel Cofrac)
5e — sans aucun salariéTriennale dès le 01/07/2026 (plancher PE 4 §2)Technicien compétent — le texte n'exige pas d'organisme agréé

Ce qu'il faut faire concrètement

  1. Identifier la catégorie de l'établissement (1 à 5) à partir de l'effectif simultané maximal — voir le permis de construire ou le dossier d'aménagement.
  2. Mandater le vérificateur qui correspond à votre situation — organisme agréé en 1re à 4e catégorie, organisme accrédité au titre du Code du travail dès qu'il y a un salarié. La vérification est annuelle dans les deux cas, quelle que soit la catégorie.
  3. La vérification porte sur l'état d'entretien, l'isolement des installations, la mise à la terre, les protections différentielles, la conformité du tableau, et la sécurité des locaux humides (cuisine, plonge, sanitaires).
  4. Recevoir le rapport, identifier les anomalies (signalées par criticité), planifier les corrections.
  5. Consigner le rapport dans le registre de sécurité, présentable à la commission de sécurité ou aux pompiers.
  6. Faire réparer les anomalies graves sans délai. Pour les anomalies mineures, fixer un calendrier raisonnable et le tracer.

Fréquence et conservation

Annuelle dans la quasi-totalité des cas. Le plancher triennal de la 5e catégorie (article PE 4 §2, à compter du 1er juillet 2026) ne s'applique qu'à un ERP de 5e catégorie n'employant aucun salarié — situation rarissime en HCR. Dès qu'il y a du personnel, l'article R.4226-16 du Code du travail impose l'annuel. Les rapports sont conservés au registre de sécurité et présentés lors de chaque visite de la commission de sécurité.

Un point que beaucoup d'exploitants ignorent : l'annualité n'est pas un délai fixe. L'article 3 de l'arrêté du 26 décembre 2011 permet de porter le délai entre deux vérifications à deux ans, à trois conditions cumulatives — le rapport précédent ne comporte aucune observation, ou bien les travaux de mise en conformité qu'il demandait ont été réalisés avant l'échéance ; la décision est prise par le chef d'établissement ; et l'inspection du travail en est informée par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée des preuves et, lorsqu'il en existe, de l'avis des représentants du personnel. C'est une faculté, pas un droit acquis : sans cette lettre, le délai reste d'un an.

Aucune durée de conservation explicite n'est imposée, mais conserver les rapports sur la durée d'exploitation est la norme — ils peuvent être requis bien après en cas d'incendie ou d'accident électrique.

Sanctions en cas de manquement

Le défaut de vérification expose à plusieurs sanctions cumulables. La commission de sécurité peut émettre un avis défavorable et le maire prononcer la fermeture administrative jusqu'à mise en conformité (article R.143-45 du Code de la construction et de l'habitation).

Au titre du Code du travail, le défaut de vérification électrique est puni d'une amende de 10 000 euros, appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés (article L.4741-1), assortie d'une mise en demeure de régulariser. En cas d'accident causé par une installation non vérifiée — court-circuit, incendie, électrocution — la responsabilité civile et pénale du dirigeant est presque automatiquement engagée : faute inexcusable (article L.452-1 CSS) et poursuites pour blessures ou homicide involontaires (articles 222-19 et 221-6 du Code pénal).

Notre conseil

Programmez la vérification toujours au même mois de l'année, idéalement en basse saison. Choisissez un organisme agréé local, négociez un contrat pluriannuel pour stabiliser le prix (autour de 600 à 1 500 euros TTC selon la taille de l'installation). Lisez le rapport en détail dès réception : les anomalies sont classées par criticité et seules les majeures imposent une correction immédiate. Pour les mineures, planifiez les travaux dans l'année et gardez la trace écrite de la commande à votre électricien — c'est cette traçabilité qui protège en cas d'avis défavorable. Ne comptez pas sur le « plancher triennal » de la 5e catégorie pour espacer vos vérifications : dès que vous employez du personnel, le Code du travail vous maintient à l'annuel, et un rapport de plus de douze mois sera relevé par la commission de sécurité comme par votre assureur.

Comment Normy gère ce sujet

Normy applique la périodicité réelle — annuelle dès qu'il y a des salariés — à partir de la catégorie ERP déclarée et de la date du dernier contrôle. L'échéance est anticipée et relancée par email tant que le contrôle n'est pas refait. Le rapport, une fois obtenu, est rattaché au registre de sécurité et exportable en PDF horodaté pour la commission de sécurité.

Suivi automatique de cette obligation dans Normy.

Article informatif à jour au 18 août 2026, fondé sur les textes en vigueur à cette date. Il ne remplace pas un conseil juridique personnalisé : votre situation peut relever de règles particulières.