Chapitre 10 · Guide HCR

Que faire en cas de contrôle — DDPP, URSSAF, inspection du travail

Trois autorités, trois logiques, trois procédures. Ce qu'on a le droit de demander, ce qu'on a l'obligation de fournir, ce qu'il vaut mieux éviter — et la manière correcte de répondre à un procès-verbal.

Lecture ~18 min · Mis à jour le 28 avril 2026

Sommaire
  1. Le cadre légal en bref
  2. À qui s'appliquent ces obligations
  3. Les obligations concrètes — conduite à tenir
  4. Les sanctions encourues
  5. Les organismes de contrôle
  6. Comment Normy gère ce sujet
  7. Pour aller plus loin

À qui s'appliquent ces obligations

Tous les établissements HCR sont susceptibles d'être contrôlés, sans préavis. Aucun seuil d'effectif ou de chiffre d'affaires ne met à l'abri d'un contrôle. La fréquence varie selon la taille et la nature de l'activité, mais le principe est constant : l'établissement doit pouvoir, à tout moment, présenter ses documents obligatoires.

Certaines situations augmentent mécaniquement la probabilité de contrôle : ouverture d'un nouvel établissement, signalement d'un client ou d'un salarié, reprise après cession, procès aux prud'hommes en cours, taux d'accidents du travail élevé, ou simple présence dans une campagne thématique nationale (lutte contre les fraudes en HCR, plan canicule, contrôles renforcés en saison estivale).

Les obligations concrètes — conduite à tenir

Le contrôle DDPP — hygiène et loyauté

La DDPP fusionne les anciennes attributions de la DGCCRF et de la direction des services vétérinaires. En HCR, elle contrôle deux choses : l'hygiène alimentaire — locaux, équipements, températures, traçabilité — et la loyauté commerciale envers le client — affichage des prix, mentions des allergènes, origine des viandes, fait maison.

Le contrôle est inopiné dans la quasi-totalité des cas. L'inspecteur arrive pendant le service, se présente, et demande à parcourir librement les zones de production. Il refusera presque toujours de revenir plus tard.

Les documents qu'il demande systématiquement :

  • Le plan de maîtrise sanitaire (PMS) à jour, avec les fiches de procédures HACCP.
  • Les enregistrements de température des chambres froides et des vitrines, généralement sur les 12 derniers mois.
  • Les bons de livraison et factures fournisseurs, qui servent à reconstituer la traçabilité amont.
  • L'attestation de formation à l'hygiène alimentaire HACCP d'au moins une personne en cuisine.
  • Les analyses bactériologiques le cas échéant.

À la fin du contrôle, l'inspecteur remet un rapport de visite qui classe l'établissement en quatre niveaux : très satisfaisant, satisfaisant, à améliorer, à corriger de manière urgente. Les deux premiers niveaux sont publiés sur le site Alim'confiance. Les deux suivants déclenchent une mise en demeure, voire une fermeture administrative immédiate en cas de risque sanitaire grave.

Le contrôle URSSAF — cotisations et travail dissimulé

Le contrôle URSSAF prend deux formes. Le contrôle sur place, programmé par avis préalable adressé au moins quinze jours avant la première visite (article R.243-59 CSS), porte sur l'ensemble des cotisations sur trois ans, soit 36 mois civils. Le contrôle inopiné, lui, est ouvert dès qu'il existe un soupçon de travail dissimulé : aucun préavis, perquisition autorisée, audition de salariés sur place.

Le contrôle programmé est précédé d'une charte du cotisant contrôlé qui rappelle les droits de l'exploitant. L'inspecteur demande l'ensemble de la comptabilité paie, les déclarations sociales nominatives, les contrats, le registre du personnel, les bulletins, les relevés bancaires liés à la paie.

À l'issue du contrôle, une lettre d'observations formalise les redressements éventuels. L'employeur dispose alors de trente jours pour répondre par écrit (article R.243-59 III CSS). Cette réponse est essentielle : elle conditionne le maintien ou la révision des redressements, et fonde un éventuel recours devant la commission de recours amiable puis le tribunal judiciaire. Une réponse non envoyée dans les trente jours équivaut à une acceptation tacite — les redressements deviennent exécutoires.

Le contrôle inopiné pour travail dissimulé est plus dur. L'inspecteur peut entendre les salariés présents hors de la présence de l'employeur, photographier les postes de travail, demander à voir les pièces d'identité. Un seul salarié sans DPAE suffit à constituer le délit (article L.8221-5 du Code du travail), avec à la clé un redressement forfaitaire de six mois de SMIC par salarié non déclaré, et la solidarité financière éventuelle des donneurs d'ordre.

Le contrôle de l'inspection du travail

L'inspection du travail dispose d'un droit d'entrée permanent dans tout établissement employant des salariés (article L.8113-1). Les contrôles sont inopinés dans la quasi-totalité des cas, parfois consécutifs à un signalement d'un salarié ou d'un syndicat.

Les documents demandés en priorité :

  • Le registre unique du personnel.
  • Les contrats de travail et leurs avenants.
  • Les bulletins de paie sur 12 mois.
  • Le DUERP et son plan d'actions.
  • Le registre de sécurité.
  • Le suivi des durées du travail (badgeuses, plannings, registres des heures supplémentaires).
  • Les attestations de formation obligatoire (HACCP, SST, incendie).
  • Les conventions de stage et tableaux de présence.

L'inspecteur peut décider sur place de plusieurs suites : observations écrites, mise en demeure de régulariser sous délai, procès-verbal pour les infractions pénalement sanctionnées (durée du travail, paie, harcèlement, travail dissimulé), saisine du procureur. Le PV est ensuite transmis au parquet, qui décide de l'opportunité des poursuites.

La visite de la commission de sécurité

La commission de sécurité visite périodiquement les ERP des quatre premières catégories — typiquement les hôtels, les grandes brasseries, les discothèques. La périodicité est fixée par arrêté préfectoral, généralement de deux à cinq ans selon la catégorie.

Lors de la visite, la commission demande le registre de sécurité, les rapports des derniers contrôles périodiques (extincteurs, électricité, gaz, alarme, désenfumage), les attestations de formation incendie du personnel, le plan d'évacuation et la trace du dernier exercice d'évacuation.

L'avis émis peut être favorable, favorable avec prescriptions, ou défavorable. Un avis défavorable n'entraîne pas de fermeture automatique, mais le maire peut, sur ce fondement, prononcer la fermeture administrative jusqu'à mise en conformité.

Les contrôles inopinés dans les débits de boissons

Les bars, brasseries et discothèques sont également exposés aux contrôles de la police ou de la gendarmerie sur la licence, les heures de fermeture fixées par arrêté préfectoral, l'interdiction de servir un mineur (article L.3342-1 du Code de la santé publique), et l'interdiction de servir une personne manifestement ivre (article L.3341-1).

Une infraction constatée peut entraîner une fermeture administrative de l'établissement de un à six mois prononcée par le préfet (article L.3332-15 CSP), avec à la clé une perte de chiffre d'affaires considérable.

Les sanctions encourues

Les sanctions s'échelonnent de la simple amende à la fermeture administrative et à la condamnation pénale. Elles s'additionnent quand un même contrôle révèle plusieurs infractions de natures différentes — ce qui est fréquent.

Type de contrôleSanction maximale typeTexte
DDPP — manquement à l'hygiène alimentaireFermeture administrative + amende 15 000 € (5e classe)Art. L.233-1 + R.237-2 C. rural
DDPP — défaut d'affichage des prixAmende 1 500 € (7 500 € pers. morale)Art. L.131-5 C. conso
URSSAF — travail dissimulé3 ans d'emprisonnement et 45 000 € + redressement 6 mois SMIC/salariéArt. L.8221-5 + L.8224-1 C. trav.
Inspection du travail — DUERP absentAmende 1 500 € (5e classe), 3 000 € en récidiveArt. R.4741-1 C. trav.
Inspection du travail — durée du travailAmende 750 € par salarié concernéArt. R.3124-3 C. trav.
Commission de sécurité — avis défavorableFermeture administrative jusqu'à conformitéArt. L.143-3 CCH
Police — débit de boissons (mineurs, ivresse, horaires)Fermeture administrative 1 à 6 mois + amende 7 500 €Art. L.3332-15 + L.3342-1 CSP

Les organismes de contrôle

Quatre organismes principaux interviennent. La DDPP, à l'échelle départementale, regroupe la protection des consommateurs et la sécurité sanitaire des aliments. L'URSSAF fonctionne au niveau régional pour le recouvrement et l'inspection sociale. La DREETS, héritière des DIRECCTE, abrite les services de l'inspection du travail. La commission de sécurité est une instance préfectorale ou municipale présidée par les pompiers, qui réunit les services de l'État compétents.

À ces quatre s'ajoutent ponctuellement la CARSAT pour la prévention des accidents du travail, le service de prévention et de santé au travail pour les visites médicales, la CNIL pour le RGPD si l'établissement traite des données personnelles à grande échelle (réservation en ligne, vidéosurveillance, badges salariés).

Tous ces contrôles sont indépendants les uns des autres : un PV de l'inspection du travail ne préjuge pas de la position de la DDPP, et un avis favorable de la commission de sécurité n'empêche pas un redressement URSSAF.

Comment Normy gère ce sujet

Normy ne se substitue pas à un avocat ou à un expert-comptable lors d'un contrôle, mais centralise tout ce qu'un inspecteur peut demander : registre du personnel, DUERP, registre de sécurité, attestations de formation, contrats des prestataires et leurs attestations URSSAF, traçabilité, suivi des contrôles périodiques, affichages.

Un export PDF horodaté regroupe en quelques secondes l'ensemble du dossier de conformité de l'établissement, présentable à l'inspecteur. Les pièces sont archivées avec leurs dates et organismes émetteurs ; les rappels d'échéance préviennent les renouvellements oubliés (analyses, vérifications, recyclages de formation).

L'objectif est simple : qu'aucun contrôle ne pose la question « où est ce document ? ».

Pour aller plus loin

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